Utpictura18

Couverture Diderot et le temps

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Nouvelles notices : Térence, dix siècles d'illustration théâtrale
Adresse complète
à Toulouse
à Aix

This picture is not the one you were looking for ? Please click on the links on the right (darker text) and enlarge your search by author, date, textual source, subject...etc
La mode de la perruque (Niels Klims underjordiske reise, 10, 1789)
La mode de la perruque (Niels Klims underjordiske reise, 10, 1789) Auteur : Abildgaard, Nicolai Abraham (1743-1809)
Œuvre signée.
Graveur : Clemens, Johan Frederik (1749-1831), graveur danois

Cette notice fait partie d’une série : Holberg, Niels Klims underjordiske reise, Copenhague, J. F. Schultz, 1789 (pièce ou n° 10 / 16)

Datation : 1789

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Oslo, Bibliothèque nationale, NB/BRU, Holb. 35:103
Notice n° B2119   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Martinien en perruque (Nicolai Klimii iter subterraneum, 1741)

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Au-dessus de l’image à droite « Cap. X. »
Signé au-dessous de l’image à gauche « Abildgaard pinx. », à droite « Clemens Sculps. »

Analyse de l’image :
    Chapitre X. Voyage au Firmament.
    Niels Klim propose enfin son projet de loi : l’interdiction de l’accès aux charges et responsabilités politiques pour les femmes. Le projet est rejeté, Niels évite de justesse la peine de mort et est envoyé en exil au firmament. La capitale du pays où les oiseaux-de-poste le déposent se nomme Martinie, ses habitants sont des singes. L’hôte de Niels y conduit celui-ci au Sénat, espérant en retirer une récompense.
    « Quand nous fûmes proche de l’hôtel de M. le syndic, mon hôte s’arrêta pour s’atifer, ne jugeant pas à propos de paroître devant son supérieur sans être un peu paré. Là-dessus je vis accourir par troupes certians domestiques appellés vulgairement malkattes ou atifeurs, dont on se sert avant que d’netrer chez les sénateurs. Ces gens-là se tiennent aux environs des palais des magistrats ; & dès qu’ils voyent quelqu’un qui veut entrer, ils volent à lui, vergettent ses habits, en ôtent les taches, & redressent jusqu’aux moindres plis qu’il peut y avoir. L’un d’eux s’empara d’abord de l’épée du consul, la frotta & la rendit luisante ; l’autre lui attacha des rubans de diverses couleurs à la queue : car ces singes n’ont rien de plus à cœur que la parure de leurs queues. J’ai vu des sénateurs, & sur-tout des femmes de sénateurs, qui, à certains jours de fêtes, paroient leurs queues, & y mettoient des ornemens pour plus de ille écus de notre monnoie. Mais, pour revenir au consu, un troisième atifeyr vint avec un instrumen géométrique, pour examiner les dimensions de l’habit, & pour voir s’il étoit fait selon les règles de proportion & de symmétrie. UN quatrième vint avec une bouteille de fard dont il lui barbouilla le visage. Un cinquième examinoit ses pieds, dont il rognoit les ongles avec une dextérité admirable. Un sixième apporta de l’eau de senteur dont il lui donna à laver; Enfin, pour couper court, ’lun prit un linge pour le sécher, l’autre un peigne pour le peigner, & unmiroir pour le faire mirer : le tout se fit avec autant de soin & d’exactitude que nos géomètres ont coutume d’en appirter en mesurant & en enluminant leurs cartes géographiqyes. Quels attirails, me disois-je alors tout bas, ne faudra-t-il pas aux dames pour se parer, s’il en faut tant aux hommes ! »
    Niels est à nouveau mortifié par la décision des sénateurs, qui à l’opposé des Potuans le trouvent trop lent et le qualifient de nigaud : il est nommé porteur de chaise au service du syndic et de son épouse. Comment faire pour se distinguer dans un pays aussi frivole ? Niels imagine d’introduire dans ce pays l’usage de la perruque.
    « J’appellait donc à mon secours les inventiosn les plus extravagantes de nos Européens ; &, les ayant passées en revue dans mon imagination, je m’arrêtai aux ornemens de tête vulgairement nommé perruques, & je résolus d’en introduire l’usage chez les Martiniens. Une chose pouvoit beaucoup faciliter mon dessein : c’étoit la quantité de chèvres que le pays nourrissoit, & dont les poils étoient tout-à-fait propres à être tressés & frisés ; d’ailleurs je n’étois point ignorant dans cette orfession, mon bienheureux titeur l’ayant exercée, j’avoir eu l’occasion d’en apprendre quelque chose. J’achètai donc de spoils de chèvre, & j’en fis une perruque que je me mis sur la tête. Dans cet équipage, je me présentai à monseigneur le syndic, qui fut étonné à la vue de ce phénomène. »
    Holberg narrativise donc le portrait. Mais l’illustrateur se détourne de la scène que lui offre le texte : la rencontre de Niels en perruque et du singe, où c’est Niels qui semble attiffé bizarrement. Cette étrangeté renversée était-elle impossible à représenter visuellement ? Ou bien Abildgaard est-il tributaire de la célébrité des premières illustrations de l’édition de 1741, encore dans le style moral de la galerie de portraits ? La gravure fait fi de la narration et reproduit en l’inversant celle de 1741, avec la même disposition des bras et des cheveux, et, à l’arrière-plan, les palmiers et les buissons, seule manque la rivière.
   
    Le sénat des Martiniens décide de faire de la perruque le signe distinctif de la noblesse. Mais le succès en est tel qu’il faut bientôt lever cette restriction : « Ce fut bientôt un spectacle bien plaisant, de voir tout un peuple de singes enterré dans de vastes perruques. »

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Oslo, Bibliothèque nationale
Traitement de l’image : Image Web
Localisation de la reproduction : http://www.nb.no (Bibliothèque nationale d’Oslo)
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 18/08/2014
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.