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Ligdamon prend la coupe & s’empoisonne (L’Astrée, 1733, I, 11) - Gravelot
Ligdamon prend la coupe & s’empoisonne (L’Astrée, 1733, I, 11) - Gravelot Auteur : Gravelot, Hubert-François Bourgignon dit (1699-1773)
Œuvre signée.

Cette notice fait partie d’une série : L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12 (pièce ou n° 11 / 60)

Datation : 1733

Source textuelle : L’Astrée, 1ère partie, 1607 Livre 11

Sujet de l’image : Fiction, 17e siècle

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, Y2-7041
Notice n° B1919   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Galathée & Silvie entendent le mess. de Ligdamon (L’Astrée, 1633, I, 11) - Lasne

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Signé en bas à droite sous la gravure : « Gravelot Inv. & fec. »
En haut à gauche : « I. Part. 507. »
2. Avant la p. 507.

Analyse de l’image :
    Episode de l’histoire de Ligdamon.
   Ligdamon se fait passer pour Lydias. Forcé d’épouser Amerine alors qu’il aime Sylvie, il prend la coupe rituelle et la boit entière, car il l’avait faite empoisonner pour rester en mourant fidèle à Sylvie. Amerine, qui le prend pour son Lydias, s’empoisonne alors à son tour.
    « Il ne restait plus pour parachever toutes les cérémonies que prendre le vin ; il se tourna vers moi et me dit : - Or sus, ami, pour le plus agréable service que tu me fis jamais, apporte-moi la tasse. Je le fis, hélas, par malheur, trop diligent. Aussitôt qu’il l’eut en la main, d’une voix fort haute : - Ô puissants Dieux ! qui savez, dit-il, qui je suis, ne vengez point ma mort sur cette belle Dame, qui, en l’erreur de me prendre pour un plus heureux que je ne suis, me conduit à cette sorte de mort. Et à ce mot il but tout ce qui était dans la coupe, qui était contre la coutume, parce que le mari n’en buvait que la moitié, et la femme le reste. Elle dit en souriant : - Et quoi, ami Lydias, il semble que vous ayez oublié la coutume ? Vous m’en devez laisser ma part. - Dieu ne le permette, dit-il, * sage Amerine, car c’est du poison que j’ai élu plutôt pour finir ma vie que manquer à ce que je vous ai promis, et à l’affection aussi que je dois à la belle Silvie. - Ô Dieux, dit-elle, est-il possible ? Et lors croyant que ce fût vraiment son Lydias, mais qu’il eût changé de volonté durant son absence, ne voulant vivre sans lui, courut la tasse en la main où était celui qui avait le vin mixtionné, car le jour auparavant Ligdamon l’avait fait faire à un Apothicaire, et avant que l’on sût ce que mon maître avait dit, et quelque défense qu’il en sût faire, parce que c’était la coutume, on lui en donna la pleine tasse, qu’elle but promptement. Et puis revenant le trouver, elle lui dit : - Et bien, cruel et ingrat, tu as plutôt aimé la mort que moi, et moi, je l’aime mieux aussi que ton refus. Mais si ce Dieu, qui jusques ici a conduit nos affections, ne me venge d’une âme si parjure en l’autre vie, je croirai qu’il n’a point d’oreille pour ouïr les faux serments, ni point de force pour les punir. Alors chacun s’approcha pour ouïr ces reproches, et ce fut en même temps que Ligdamon lui répondit : - * Discrète Amerine, j’avoue que j’aurais offensé, si j’étais celui que vous pensez que je sois. Mais croyez-moi qui suis sur la fin de mon dernier jour, je ne suis point Lydias, je suis Ligdamon ; et en quelque erreur que l’on puisse être de moi à cette heure, je m’assure que le temps découvrira ma justice. Et cependant, j’élis plutôt la mort que de manquer à l’affection que j’ai promise à la belle Silvie, à qui je consacre ma vie, ne pouvant autrement satisfaire à toutes deux. Et lors, il continua : - Ô belle Silvie, reçois cette volonté que je t’offre, et permets que cette dernière action soit de toutes les miennes la mieux reçue, puisqu’elle s’en va empreinte de ce beau caractère de ma fidélité. Peu à peu le poison allait gagnant les esprits de ces deux nouveaux épousés, de sorte qu’à peine pouvaient-ils respirer lorsque, tournant les yeux sur moi, il me dit : - Va, mon ami, parachève ce que tu as à faire, et surtout raconte bien ce que tu as vu, et que la mort m’est agréable, qui m’empêche de noircir la fidélité que j’ai vouée à la belle Silvie. Silvie, fut la dernière parole qu’il dit ; car avec ce mot cette belle âme sortit hors de ce corps, et je crois quant à moi que si jamais Amant fut heureux aux champs Elysiens, mon maître le sera en attendant qu’il vous puisse revoir. »

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Image Web
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 23/07/2014
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 19/12/2017
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