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Les trois princes de Serendip (Dessins pour les Voyages imaginaires) - Marillier
Les trois princes de Serendip (Dessins pour les Voyages imaginaires) - Marillier Auteur : Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)

Cette notice fait partie d’une série : Marillier, Dessins pour les Voyages imaginaires, 1 vol., 1786 (pièce ou n° 49 / 77)

Datation : 1786

Sources textuelles : Mailly d’après Tramezzino, Voyages & aventures des 3 princes de Serendip (1719)
Mailly d’après Tramezzino, Voyages & aventures des 3 princes de Serendip (1719) Première nouvelle

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle

Nature de l’image : Dessin (lavis)

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des Estampes , Reserve 4-EF-79
Notice n° B1722   (n°1 sur 1) 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
Mentions sur la page en dehors de l’image.
1. Au-dessus du dessin à gauche « les trois princes de Serendip », à droite « n° 48 ».
Légende dans le cartouche sous le dessin « La Reine voyant cela ouvrit aussi-tôt la porte de la cage. »
2. Gravure après la p. … du volume 25 des Voyages imaginaires.
Ce conte persan est publié pour la 1ère fois en 1557 par l’imprimeur vénitien Michele Tramezzino, qui le prétend traduit du persan en italien par un certain Cristoforo Armeno ; mais il s’girait plutôt d’une compilation de contes persans et indiens par Tramezzino lui-même. L’histoire s’inspire d’épisodes de la vie du roi de Perse Vahram V, qui régna sur l’Empire sassanide de 420 à 438. Une première traduction française paraît en 1610, une seconde par Louis de Mailly, très augmentée, en 1719.
3. Voir le frontispice et les 7 gravures de la traduction anglaise : The travels and adventures of three princes of Sarendip. Intermixed with eight delightful and entertaining novels, Londres, Will. Chetwood, 1722.

Analyse de l’image :
    Les Trois Princes de Serendip sont les trois fils du roi de Serendip, c’est-à-dire de Ceylan. Le roi les met à l’épreuve avant qu’ils puissent lui succéder et les envoie en voyage. Ils rencontrent en chemin un chamelier qui a perdu son chameau, et le lui décrivent très précisément avec ses infirmités et son chargement aors qu’ils ne l’ont pas vu. Persuadé qu’ils le lui ont volé, le chamelier les fait jeter en prison, mais le chameau est retrouvé. Les trois princes deviennent aloes les favoris de l’empereur Behram, qui à son tour les met à l’épreuve. Son aïeul possédait autrefois un miroir magique qui se trouve maintenant en possession de la reine des Indes, qui ne veut pas le lui rendre car son royaume est lui-même menacé par une main dans le ciel. Cette main prenait chaque jour un homme qu’elle jetait à la mer, mais depuis qu’on lui a présenté le miroir elle ne prend plus qu’un animal. La reine ne rendra le miroir que si on la débarrasse de la main, ce que font les trois princes. La reine propose alors d’épouser un des princes, qui accepte après qu’ils auront rendu le miroir et obtenu l’accord de leur père.
   Ils repartent avec le miroir auprès de l’empereur Behram, qui dépérit : il est tombé amoureux d’une esclave, Diliram, qui s’est montrée insolente. Il l’a alors condamnée à être dévorée paer les bêtes sauvages dans la forêt. Mais pris de remords il l’a envoyée rechercher dans la forêt. Diliram cependant avait marché, retrouvé la route et rencontré un marchand, qui l’avait emmenée avec elle, de sorte que les émissaires de Behram ne la retrouvent pas dans la forêt.
   Pour guérir l’empereur, les princes de Serendip lui recommandent de construire sept châteaux et d’installer dans chacun une princesse et un conteur, puis de voyager perpétuellement de château en château, en changeant chaque jour. La suite du recueil est la suite des histoires racontées par les conteurs.
   
   Ce dessin illustre la première nouvelle. Le roi Oziam demande à son favori philosophe ce qu’il pense de la métempsycose. Celui-ci lui parle d’un jeune homme dont l’esprit était capable d’entrer dans le corps d’un animal qu’il avait tué à la chasse, puis de revenir à son corps. Le roi étant incrédule, le philosophe en fait l’expérience devant lui avec un moineau. Le philosophe apprend les formules magiques au roi, qui s’en sert pour bien gouverner ses sujets, en les espionnant sous la forme d’un oiseau. Le roi apprend à son tour le secret à son visir qui s’en sert pour s’emparer du corps du roi et usurper le royaume.
   Mais l’une des femmes du roi (qui sera désignée dans la suite du récit comme la reine), dont le faux roi sollicite les caresses, n’est pas dupe et se refuse à lui.
   Pendant ce temps l’esprit du vrai roi, qui est entré dans une biche, passe dans un perroquet et se laisse prendre par un oiseleur pour revenir à la ville. Le perroquet libère tous les autres oiseaux, mais charme l’oiseleur par sa conversation. A la ville, l’oiseleur surprend une contestation entre une courtisane et un cavalier : la courtisane lui réclame 100 écus pour avoir rêvé qu’elle passait la nuit avec lui ; le cavalier se moque d’une telle prétention et refuse. Le perroquet donne son jugement : il fait installer un miroir sur une table, demande au cavalier de poser les cdent écus devant, et invite la courtisane à se payer avec les écus qui sont dans le miroir…
   La reine entend parler de ce jugement, soupçonne immédiatement que l’esprit du roi est dans le corps du perroquet et persuade l’oiseleur de le lui vendre. Pendant deux ans, elle couvre le perroquet d’attentions et néglige le faux roi, pourtant follement amoureux d’elle. Le perroquet lui fait finalement entière confidence de son aventure et convient avec elle d’une ruse pour recouvrer son corps de roi.
   Alors que le faux roi (en fait le visir perfide) entre dans la chambre de la reine pour lui faire sa cour, celle-ci lui déclare ses soupçons. Pour la détromper, le faux roi lui demande de faire apporter une poule : c’est la scène qui est ici illustrée. Il étrangle la poule et fait passer son esprit en elle : on la voit au 1er plan sur la droite. La reine ouvre alors la cage du perroquet, dont l’esprit passe aussitôt dans le corps du roi. On le voit ici perché sur l’épaule du roi mort, prêt à entrer en lui.
   
   Le roi ensuite coupe la tête de la poule, la fait brûler et déclare le perroquet mort. Il décrète une semaine de réjouissances et répudie ses trois autres femmes qui se sont prêtées au commerce du vizir. L’histoire se conclut avec un jugement qu’il rend, symétrique de celui qu’il a rendu comme perroquet : un jeune homme amoureux d’une courtisane, nommée Thonis, ne peut l’obtenir car elle se vend à trop haut prix. Une nuit, il rêve qu’il la possède et le lendemain lui déclare qu’il a eu ce qu’il voulait et ne l’importunait plus. Furieuse, Thonis réclame justice, prétendant que le jeune homme refuse de payer le plaisir qu’il a obtenu d’elle. Le roi fait apporter un vase rempli de la somme réclamée par Thonis. Qu’elle se repaisse en imagination de l’argent qui est à l’intérieur !

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des Estampes
Traitement de l’image : Photographie numérique
Localisation de la reproduction : Collection particulière (Cachan)
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 26/06/2014
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 08/01/2020
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