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Le repas de Tantale - Taraval
Le repas de Tantale - Taraval Auteur : Taraval, Jean-Hugues (1729-1785)

Cette notice fait partie d’une série : Paris, Salon de 1767 (pièce ou n° 144 / 243)

Datation : 1767

Sujet de l’image : Sujet mythologique. Tantale

Nature de l’image : Peinture sur toile
Dimensions :  Hauteur 104 * Largeur 143 cm

Lieu de conservation : Versailles, Musée national du château et des Trianons, MV8995
Notice n° A9651   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Persée et Phinée - Taraval

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. Destiné à Mme de Pompadour, château de Bellevue à Meudon.
3. Ce tableau a pour pendant « Les Noces de Persée et d’Andromède troublées par Phynée changé avec ses soldats en statues à la vue de la tête de Méduse », également conservé à Versailles.

Analyse de l’image :
    Livret du Salon de 1767 :
    « Par M. Taraval, Agréé.
    Tantale, pour éprouver la divinité de Jupiter, Mercure, Cérès, & d’autres Dieux qu’il avoit invités à sa table, tua Pélops son fils, & le leur fit servir. On a saisi l’instant où Jupiter, s’en apercevant, redonne la vie à Pélops, le rend à sa mère, & condamne Tantale aux Enfers.
    Ce Tableau, de 4 pieds de large, sur 3 pieds 9 pouces de haut, est destiné pour Belle-Vue. »
   
   Commentaire de Diderot au Salon de 1767 :
    « Repas de Tantale
    Tableau de quatre pieds de large, sur trois pieds, neuf pouces de haut.
    Je veux mourir si ni vous ni moi ni personne eût jamais deviné le sujet de ce tableau. A droite, un palais. Au-devant de la façade du palais, sur le fond, des femmes qui élancent de joie leurs bras vers un enfant. Un peu plus vers la gauche et tout à fait sur le devant, une femme agenouillée tendant aussi les bras au même enfant qu’elle se dispose à recevoir d’un vieillard qui le lui présente de côté et sans la regarder. Ce vieillard, c’est Jupiter. Je le reconnais à l’oiseau porte-foudre qu’il a sous ses pieds. Sur le fond, une table couverte d’une nappe. Au-delà de cette table, des dieux et des déesses portés sur des nuages, comme dans une décoration d’opéra et jetant des regards d’indignation et de terreur, sur ce qui se passe vers la gauche. Voilà un double intérêt bien marqué. M’indignerai-je avec ceux-ci ? ou joindrai-je ma joie à celle des premiers ?
    Au-dessous de Jupiter sévère, je vois un scélérat qu’on se prépare à lier. Il est désespéré. Il regarde la terre. Il se frappe le front du poing. A côté de ce brigand, car il en a bien l’air, un jeune homme qui lui a saisi le bras, qui tient une chaîne de sa main gauche, et qui serre si fort cette chaîne qu’on dirait qu’il craint plus qu’elle ne lui échappe que son coupable. Ce jeune homme, c’est Mercure, je le remets aux ailes dont il est coiffé ; ou plutôt c’est un paysan ignoble, quelque satellite déguisé qui les lui a volées.
    Eh bien, mon ami, voilà ce qu’il plaît à l’artiste d’appeler le Repas de Tantale. Il a beau dire : C’est l’instant où Jupiter s’apercevant qu’on lui a servi à manger l’enfant de la maison, le ressuscite, le rend à sa mère, et condamne le père aux enfers. Je lui répondrai toujours : Ce sont trois instants et trois sujets très distingués. L’instant du repas n’est point celui de l’enfant ressuscité ; l’instant de l’enfant ressuscité n’est point celui de l’enfant rendu ; et l’instant de l’enfant rendu n’est point celui de la condamnation du père. Aussi fatras de figures, d’effets et de sensations contradictoires. Exemple excellent du défaut d’unité. Ces gens sans verve et sans génie ne sont effrayés de rien. Ils ne soupçonnent seulement pas la difficulté d’une composition. Voyez aussi comme ils s’en tirent. La mère de Pélops, petite mine rechignée. Tantale, bas coquin, gibier de Grève. Tout le terrible réduit à la flamme rougeâtre d’un pot à feu, élevé à gauche sur un guéridon. Mais, me direz-vous, ces défauts sont peut-être rachetés par un faire merveilleux ? Oh non. Cependant trouvez, si vous le voulez, le Tantale chaudement colorié. Dites que le Jupiter est beau, que sa tête est noble. Ajoutez encore que le tout n’est pas sans effet. A la bonne heure. » (Bouquins, p. 757)

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Réunion des Musées Nationaux, Gérard Blot
Traitement de l’image : Image Web
    Cliché n° 01-000448
Localisation de la reproduction : http://www.photo.rmn.fr (Réunion des Musées Nationaux)
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 20/08/2012
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 10/04/2016
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