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Le Prince des Aigues Marines (Dessins pour le Cabinet des Fées) - Marillier
Le Prince des Aigues Marines (Dessins pour le Cabinet des Fées) - Marillier Auteur : Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)

Cette notice fait partie d’une série : Marillier, Dessins pour le Cabinet des fées, 2 vol., 1785 (pièce ou n° 74 / 126)

Datation : 1785

Source textuelle : Levesque, Louise Cavelier, Dame (1703-1745) Le Prince des Aigues Marines (1722) in Cabinet des fées, Picquier, 2000, p. 612.

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle

Nature de l’image : Dessin (lavis)

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, Fonds Rothschild, Picot 225
Notice n° A7546   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Hector exposé sur les rives du Scamandre - Deshays

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
Mentions sur la page en dehors de l’image.
1. Au-dessus du dessin à gauche « le prince des aigues marines », à droite « tom. 24 1er des. »
Légende dans le cartouche sous le dessin : « il étoit prêt a l’egorger, quand Soudain le poignard | tomba, et le Roi même fut renversé mort aux pieds de cet inconnu. »
2. 1ère illustration du volume 24.
Première publication, anonyme : Le Prince des Aigues Marines. Le Prince invisible. Paris, L.-D. Vatel, 1722, 214p. in-12.

Analyse de l’image :
     La scène prend place dans une clairière. Le prince des Aigues-Marines, naufragé sur l’île des Sauvages, se tient debout devant l’arbre au fond à gauche. Alors que le Roi des barbares était sur le point de le poignarder, celui-ci tombe soudainement mort devant lui, au premier plan à droite. On distingue le poignard à terre au bout de sa main gauche. A la suite du Roi, toutes les personnes qui posent les yeux sur le Prince succombent brutalement. Derrière le Roi, un sauvage effrayé enlace l’arbre de droite, comme pour se protéger du prince. Parmi les corps nus gisant sans vie sur le sol, on distingue au premier plan à gauche le corps d’une femme (enceinte ?), à droite les deux pieds d’un autre mort. Le Roi des sauvages est étendu sur le dos, bouche ouverte, tête renversée. Une femme est penchée sur sa gorge déployée, elle le prend dans ses bras. Le Roi gît sur un trône de pierre recouvert d’une peau de bête. Ses armes et attributs sont tombés à terre. Aux pieds du Prince des Aigues-Marines, devant et derrière lui, des barbares nus et apeurés, assis ou à genoux, tendent vers lui leurs bras et leurs regards implorant sa merci. Mais on sait à la lecture du texte que ceux-ci vont périr pour avoir posé les yeux sur le Prince. Le Prince des Aigues-Marines, qui croyait sa dernière heure arrivée, à ce moment de l’histoire, ne sait pas encore qu’il est frappé d’une malédiction et qu’au jour de ses vingt ans toutes les personnes qui poseront le regard sur lui tomberont mortes. L’illustration montre le moment précis où la malédiction prend effet : de ce fait, seules quelques personnes ont pour l’instant succombé, les autres sont sur le point de mourir. Cette situation explique le regard énigmatique du Prince, qui éprouve successivement peur, soulagement, effroi, incompréhension, mais semble vouloir garder en toutes circonstances l’attitude altière due à son rang.
    Les cadavres du premier plan, les Sauvages assis du fond délimitent la scène proprement dite, tout entière tendue entre les deux troncs d’arbres. Si, à gauche, il est clair que c’est le prince et son regard médusant qui focalise l’attention, celle-ci se divise à droite entre le roi déjà terrassé et le sauvage qui embrasse l’arbre, et est destiné à tomber à son tour. La scène oscille donc entre ces deux événements : le passage de l’œil du spectateur du moment de la terrification au moment de la mort donne l’illusion du mouvement et de l’écoulement du temps ; c’est l’instant prégnant.
    Entre le prince et ses deux victimes du premier plan à droite, les Sauvages lèvent la main, comme pour arrêter l’effet maléfique de son regard. De façon dérisoire, ils tentent de faire écran à ce regard qui tue. Les mains tendues signifient l’écran de la représentation.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Dijon, Amélia Belin, université de Bourgogne
Traitement de l’image : Photographie numérique
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 04/07/2010
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.