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Une mourante surprend son mari avec une servante (Heptam. N71, Amsterdam, 1698)
Une mourante surprend son mari avec une servante (Heptam. N71, Amsterdam, 1698) Auteur : De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)

Cette notice fait partie d’une série : Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698 (pièce ou n° 72 / 73)

Datation : 1698

Source textuelle : Marguerite de Navarre (1492-1549), L’Heptaméron (1542-1546) Nouvelle 71, LP, p. 687, scène p. 689

Sujet de l’image : Fiction, 16e siècle

Objets indexés dans l’image :
Femme étendue sur un lit / La scène est observée par effraction

Nature de l’image : Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)

Lieu de conservation : Versailles, Bibliothèque municipale centrale, F.A. in-8° E431e (2e volume)
Notice n° A7019   (n°1 sur 1) 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. 8e journée, 71e nouvelle.
3. Même anecdote chez Noël du Fail, Contes et discours d’Eutrapel, chap. v, « De la goutte ».

Analyse de l’image :
     « La femme d’un sellier, griefvement malade, se guerit et recouvra la parole (qu’elle avoit perdue l’espace de deux jours), voyant que son mary tenoit sur un lyt trop privement sa chambriere, pendant qu’elle tiroit à la fin. »
   
   On vient de porter à la catarreuse mourante une croix. Son mari se jette sur un lit et se lamente.
    « Après qu’il luy eut faict tous les services qu’il luy fut possible, elle demanda la croix, que on luy feit apporter. Quoy voiant, le bon homme s’alla gecter sur ung lict, tout desespéré, criant et disant avecq sa langue grasse : “Helas ! mon Dieu, je perdz ma pauvre femme ! Que feray-je, moy malheureux !” et plusieurs telles complainctes. A la fin, regardant qu’il n’y avoit personne en la chambre que une jeune chamberiere assez belle et en bon poinct, l’appella tout bas à luy, en luy disant : “M’amye, je me meurs, je suis pis que trespassé de veoir ainsy morir ta maistresse ! Je ne sçay que faire, ne que dire, sinon que je me recommande à toy ; et te prie prendre le soing de ma maison et des mes enfans. Tiens les clefz, que j’ay à mon costé. Donne ordre au mesnaige, car je n’y sçaurois plus entendre.” La pauvre fille, qui en eut pitié, le reconforta, le priant ne se vouloir desesperer, et que, si elle perdoit sa maistresse, elle ne perdist son bon maistre. Il luy respondist : “M’amye, il n’est possible, car je me meurs. Regarde comme j’ay le visaige froid, approche tes joues des myennes, pour les me rechaulfer.” Et, en ce faisant, il luy mist la main au tetin, dont elle cuyda faire quelque difficulté, mais la pria n’avoir poinct de craincte, car il fauldroit bien qu’ilz se veissent de plus près. Et, sur ces mots, la print entre ses bras, et la gecta sur le lict. Sa femme, qui n’avoit compaignye que de la croix et l’eau benoiste, et n’avoit parlé depuis deux jours, commencea, avecq sa faible voix, de crier le plus hault qu’elle peut : “Ha ! ha ! ha ! je ne suis pas encore morte !” Et, en les menassant de la main, disoit : “Meschant, villain, je ne suis pas morte !” Le mary et la chamberiere, oyans sa voix, se leverent ; mais elle estoit si despite contre eulx, que la collere consuma l’humidité du caterre qui la gardoit de parler, en sorte qu’elle leur dist toutes les injures dont elle se povoit adviser. »
   
   L’eau bénite est posée sur un tabouret au premier plan, mais le mari et la servante ne sont pas sur un lit comme dans le texte.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Traitement de l’image : Photographie numérique
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 24/06/2009
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 29/11/2018
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