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Marphise livre Brunel à Agramant (Rolfur Franceschi 1584 ch32) - G. Porro
Marphise livre Brunel à Agramant (Rolfur Franceschi 1584 ch32) - G. Porro Auteur : Porro, Girolamo (1520-1604), graveur, dessinateur et écrivain d’art

Cette notice fait partie d’une série : Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Venise, F. Franceschi, 1584 (pièce ou n° 32 / 46)

Datation : 1584

Source textuelle : Roland furieux, chant 32 (Bradamante au château de Tristan)

Sujet de l’image : Fiction, 16e siècle

Objet indexé dans l’image : Dais

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, Résac yd 396
Notice n° A2356   (n°6 sur 6)  Notice précédente  Toutes les notices 
Comparaison avec d’autres notices : Marphise rallie Arles (Roland furieux Venise Valgrisi 1562 ch32) // Armide aux pieds de Godefroi (Jérusalem délivrée, ch4, 1590) - Castello

Analyse de l’image :
         A droite, Marsile (Marsi.) dicte à un scribe des ordres de levée de troupes. Un messager, en bas à droite part, l’un de ces messages à la main (st. 4).     Le premier plan représente l’intérieur de la citadelle d’Arles. Il est nettement séparé de la partie supérieure d ela gravure par les murailles et les tours. A gauche, Agramant (AGR.) assis sous un dais en compagnie du vieux Marsile à sa gauche et de sa cour, reçoit Marphise (MARFISA.), qui vient lui livrer Brunel (Bru.).     Remontons maintenant vers le haut de la gravure, bien que ce mouvement ne suive pas le mouvement du texte.     Au-dessus des tours d’Arles, à droite, Bradamante (Bra.) rencontre un Gascon (Guas.) qui lui raconte que Roger, blessé en tuant Mandricard, s’apprête à épouser Marphise (st. 28).     Au centre de la gravure, Bradamante quitte Montauban pour en découdre avec les Sarrasins de Paris, sans savoir qu’ils ont levé le camp vers Arles (st. 45-49).     La partie supérieure droite de la gravure est occupée par la forteresse de Montauban (MONTE ALBAN). A gauche, Bradamante entre dans Montauban. En bas au centre, Hippalque remet à Bradamante la lettre de Roger (XXX, 76-78, XXXI, 7). Dans la tour de gauche, Bradamante dans sa chambre est en proie àl’insomnie (st. 12-13). A droite, depuis les remparts, et aux pieds des remparts, Bradamante guette Roger qui ne vient pas (st. 14).     La partie supérieure gauche de la gravure est consacrée aux épisodes du château de la Roche-Tristan (Rocho di Tristano). En bas, Bradamante (B.) rencontre Ulanie et les trois rois qui l’accompagnent pour remettre à Charles l’écu d’or de la reine d’Islande. Cet écu est figuré par l’écuyer qui le porte : Scudier. Sur la gauche, Bradamante (Bra.) demande à un berger (Pa[stor]) où se loger (st. 64). Tout en haut au centre, sous la pluie, Bradamante affronte victorieusement les trois rois, pour pouvoir pénétrer dans le château (st. 72-77). A gauche, à l’intérieur du château de la Roche-Tristan, Bradamante conteste le jugement qui visait à expulser Ulanie (st. 102-107).         La composition d’ensemble de la gravure oppose nettement le territoire inférieur, vu de l’intérieur, et les territoires supérieurs, vus de l’extérieur. Le mouvement de Marphise s’avançant vers Agramant est parallèle à celui de Bradamante quittant Montauban.     En bas, la performance médiévale de l’accueil est théâtralisée : c’est sur une estrade de théâtre que monte Marphise. Elle remplit donc la fonction d’embrayeur visuel, tandis que le messager en bas à droite complète, dans l’autre sens, le lien entre l’espace de la représentation et l’espace du spectateur. Le spectateur pénètre dans l’intérieur en principe invisible de la citadelle ; son regard constitue une effraction.     Le haut de la gravure au contraire est traité de façon plus traditionnelle comme les espaces intermédiaires des compositions narratives tripartites : Bradamante chevauchant fait le lien entre le château de droite, dédié au regard et à la rencontre, et le château de gauche, dédié au combat et à l’hospitalité. En schématisant, on peut dire que s’opposent à droite, la sémiologie narrative avec ses jeux de regards ; à gauche, la sémiologie performative, avec ses face à face, même si dans le détail les choses sont plus compliquées. Ainsi la rencontre de Bradamante et du Gascon à droite est reprise en écho par la rencontre entre Bradamante et l’écuyer, puis Bradamante et le berger à gauche.


Sujet de recherche : Iconographie du Roland furieux
Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Scanner
Photographie sur papier    Commande n° 2315005 du 03/10/20
Localisation de la reproduction : Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 19/02/2004
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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