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Roland au château d’Atlant (Roland furieux Venise Valgrisi 1562 ch12)
Roland au château d’Atlant (Roland furieux Venise Valgrisi 1562 ch12) Auteur : Dosso Dossi, Giovanni de Lutero dit (1489-90/1542)

Cette notice fait partie d’une série : Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Venise, V. Valgrisi, 1562, con privilegio (pièce ou n° 12 / 46)

Datation : 1562

Source textuelle : Roland furieux, chant 12 (le château-vortex d’Atlant ; Roland trouve Isabelle)

Sujet de l’image : Fiction, 16e siècle

Nature de l’image : Gravure sur bois
Dimensions :  Hauteur 21,5 * Largeur 14,3 cm

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, Résac yd 389
Notice n° A1501   (n°12 sur 46)  Notice précédente  Notice suivante  Toutes les notices 
Comparaison avec d’autres notices : Roland entre dans le château d’Atlant (Roland furieux Venise Zatta 1776 ch12) // Le château d’Atlant & Isabelle délivrée (Roland Furieux Valvassori 1566, ch12) // Roland dans le château d’Atlant (Roland furieux Franceschi 1584 ch12) - G. Porro

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Gravure en verso, page de gauche. Numéro de page en haut à gauche, 112. En-tête centré CANTO [DVODECIMO., p. 113].
3. Dans l’édition Franceschi, ce n’est pas Roland poursuivant le géant, mais le géant poursuivi qui occupe le premier plan. Pour le reste, la composition est très proche et dans le même sens.

Analyse de l’image :
         Au premier plan, Roland (OR) monté sur Bride-d’Or poursuit un cavalier portant dans ses bras une jeune fille qu’il croit être Angélique (str. 6) : il s’agit en fait d’une illusion forgée par Atlant pour l’attirer dans son château au second plan (sur le château, voir str. 21-22 et 32).     Au second plan à droite, Roland tente de rattraper le ravisseur, qui pénètre dans le château (str. 8). Roland est représenté une seconde fois à pied, levant les bras pour tenter d’attraper Angélique, que son ravisseur semble vouloir jeter à terre depuis le premier étage (cela n’a pas d’équivalent dans le texte...).     L’architecture du château est beaucoup moins sommaire que dans les chants précédents : on distingue toute une cour intérieure dallée et par différentes portes les chevaliers qui entrent et sortent, chacun poursuivant l’objet imaginaire de son désir : Roger à droite (RVG) est à la recherche de Bradamante (str. 17-20), Roland au centre gravit les escaliers, Brandimart (BR) à gauche cherche Fleur-de-lys... Au premier étage, dans la fenêtre centrale, Roland (OR), suivi de Sacripant (SA) et de Ferragus (FE) visibles depuis la fenêtre de gauche, semblent sur le point de retrouver Angélique (AN), qui leur fait face à la fenêtre de droite (str. 29) : dans le texte, c’est à Sacripant qu’Angélique apparaît, ôtant l’anneau d’invisibilité de sa bouche ; c’est lui qui devrait s’inscrire dans la fenêtre centrale, Roland et Ferragus n’arrivant que derrière. Le graveur a suivi une autre logique, symbolique : le couple impossible formé par Angélique et par Roland est plus important, c’est lui qui doit être mis en valeur, quitte à ne pas respecter les données factuelles et ponctuelles de la narration.     A l’extérieur du palais, sur la droite, à hauteur du premier étage, Sacripant, Ferragus et Roland poursuivent Angélique à cheval (str. 33-35). Au-dessus, Ferragus (FE) et Roland (OR) s’affrontent à propos du casque de l’Argail (str. 40-45), accroché à un arbre par Roland le temps du combat (str. 46). Angélique (AN), qui est censée être invisible à ce moment du récit grâce à l’anneau, tend le bras pour dérober le casque (str. 50-53). Au-dessus, Ferragus (FE) récupère le casque, tombé à terre près d’une mare (une fontaine dans le texte) au moment où Angélique qui s’y reposait, entendant arriver le chevalier, s’était rendue à nouveau invisible (str. 57-60). A gauche de Ferragus, Angélique à cheval (AN) s’enfuit.     Pendant ce temps, Roland, au-dessus du toit du palais d’Atlant, met en déroute les troupes de Manilard (MAN) et d’Alzird (ALZ), chefs sarrazins, devant Paris : il tue Alzird (str. 75-76) et met à terre Manilard (str. 83-84). Derrière Paris, dans les montagnes, Roland (OR, peu lisible) pénètre dans la grotte des brigands, où l’on distingue Isabelle, une table de pierre et, au fond à droite, la duègne qui surveille Isabelle (str. 91-92).         La composition d’ensemble de la gravure est tripartite :     En bas, Roland poursuivant le ravisseur de la chimère d’Angélique constitue l’espace de la contre-performance, le contraire du face à face agonistique. Le tronc coupé et fendu, déjà rencontré sur la gravure du chant V, signifie l’entêtement dans la traîtrise : les sortilèges d’Atlant pour préserver Roger de la mort qui doit suivre son union avec Bradamante sont implicitement comparés aux stratégies de Polinesse pour s’emparer de Guenièvre.     Au centre, l’entrée dans le palais d’Atlant, puis la sortie du palais marquent le suspens et le renversement entre le monde anti-héroïque des enchantements à gauche et le monde héroïque des combats à droite, symbolisé vers le haut par le combat de Roland et de Ferragus. L’espace supérieur de la gravure enfin est consacré à la refondation symbolique : Roland défait les Maures et secourt Isabelle.     Cependant cet ordonnancement symbolique de l’espace est concurrencé par une importance de plus en plus grande accordée à l’organisation géométrale : le palais d’Atlant, avec sa cour dallée ouverte vers le spectateur tend à constituer un espace scénique restreint, face à l’espace vague ouvert sur le paysage, les montagnes, la ville loitaine. En haut à droite, les nuages n’ont aucune fonction que décorative, à moins qu’il ne suiggère que cet endroit de la gravure est précisément dévolu au vague de la rêverie...


Sujet de recherche : Iconographie du Roland furieux
Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Scanner
Photographie sur papier    Commande n° 2301847 du 31/01/20    Cliché n° NBA088661
Localisation de la reproduction : Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 19/08/2003
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.