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Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
Adresse complète
à Toulouse
à Aix

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Bradamante entre dans la grotte de Merlin (Roland furieux, 1584, ch3) - G. Porro
Bradamante entre dans la grotte de Merlin (Roland furieux, 1584, ch3) - G. Porro Auteur : Porro, Girolamo (1520-1604), graveur, dessinateur et écrivain d’art

Cette notice fait partie d’une série : Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Venise, F. Franceschi, 1584 (pièce ou n° 3 / 46)

Datation : 1584

Source textuelle : Roland furieux, chant 03 (Bradamante dans la grotte de Merlin)

Sujet de l’image : Fiction, 16e siècle
Dispositif : Composition narrative. Plusieurs épisodes

Objets indexés dans l’image :
Autel / Autre scène au second plan / Colonnade / Marches / Spectateur au premier plan

Nature de l’image : Gravure sur cuivre
Dimensions :  Hauteur 20,4 * Largeur 13,9 cm

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, Résac yd 396
Notice n° A0619   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Bradamante dans la caverne de Merlin (Roland furieux Venise Valgrisi 1562, ch3) // Trahison de Pinabel; Bradamante dans l’antre de Merlin (RolFur Venise 1549, ch3)

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
Mentions sur la page en dehors de l’image.
1. La gravure est numérotée III dans un petit médaillon en haut au centre de la bordure. En haut à gauche, numéro de la page, 22 et CANTO [TERZO, page de droite]. Sur la page 23, on lit l’argument suivant : « Tornata in se la bella Bradamante Troua Melissa in questa grotta; et ode Le molte che da lei felici piante Uscir doueano, & ogni guerrier prode. S’informa poi, per far vane d’Atlante L’arti, che’l fuo Ruggier le tien con frode, Con qual maniera al vil Brunello tolga L’anello, onde il fu’ amante, e gli altri sciolga. »

Analyse de l’image :
          Si Girolamo da Porro reprend la disposition générale de la gravure sur bois de l’édition Valgrisi, il modifie radicalement l’intérieur de la grotte et fait entrer au cœur de la composition les exigences de la perspective.     Soulignons d’abord les emprunts à 1562, moins visibles dans cette gravure que dans les autres de la série : La partie supérieure est toujours occupée par les épisodes liminaire, la trahison de Pinabel, et final, les recommandations de Mélisse à Bradamante pour retrouver Roger. La direction et la répartition des personnages entre la droite et la gauche a été inversée, comme souvent lorsqu’une gravure en copie une autre. Pinabel fuit vers la droite en 1562, vers la gauche en 1584. Bradamante est placée au premier plan au centre gauche en 1562, à droite en 1584. Le tombeau de Merlin se trouve à gauche en 1562, à droite en 1584. La postérité de Bradamante défile à droite en 1562, à gauche en 1584; les démons à gauche en 1562, à droite en 1584.     La volonté de produire un effet de perspective dans la grotte a amené Girolamo Porro à représenter l’intérieur de la grotte non plus frontalement, mais latéralement : c’est le mur de droite qui devient le mur essentiel. Girolamo fera le même choix et les mêmes transformations pour le palais d’Alcine au chant VII ou le château de Tristan au chant XXXIII.     Contrairement au graveur de 1562, Girolamo Porro s’est préoccupé de la roche qui doit recouvrir la grotte de Merlin devant nous, nous empêchant d’en voir l’intérieur : il a représenté pour cette raison une bande de roche au centre de la gravure et ouvert artificiellement deux fenêtres virtuelles pour nous permettre de regarder : l’espace de la grotte devient ainsi un espace scénique, séparé des spectateurs par le « quatrième mur » de la scène théâtrale à l’italienne. Les marches sur lesquelles Bradamante est agenouillée et prie ménagent une transition entre l’espace où nous, lecteurs spectateurs, nous trouvons et l’espace restreint de la scène proprement dite, élevé sur une estrade.     Le tombeau de Merlin n’est plus traité comme une chambre séparée, comme la « chambre secrète » décrite dans le texte de l’Arioste. La caverne est un espace unique, traité à la manière des églises italiennes de la Renaissance : le tombeau est encastré dans le mur de la nef, et n’est séparé de la travée centrale que par une colonnade très aérée. La postérité de Bradamante part de l’abside, contourne l’autel et longe le mur de gauche de la nef, symétriquement au tombeau.     Girolamo Porro nous invite ici à parcourir l’espace de cette caverne-église en deux temps : nous entrons d’abord avec Bradamante par la droite. Mélisse nous conduit au tombeau de Merlin. Puis nous partons de Mélisse et de Bradamante inscrites dans le pentacle au centre de l’église. Dans le sens des aiguilles d’une montre, nous suivons alors d’abord les démons sur la droite, puis la postérité de Bradamante, depuis les descendants immédiats de Roger, en tête de cortège, jusqu’aux héritiers actuels, défilant au fond de l’abside. Notre regard va dans le sens inverse du défilé, de même que la narration présente comme une projection dans l’avenir (la postérité de Bradamante) ce qui est en fait une rétrospection du passé (les ancêtres d’Hippolyte d’Este).     Dans la partie supérieure de la gravure, l’épisode liminaire et l’épisode final ne sont pas répartis à droite et à gauche comme en 1562, mais l’un derrière l’autre : le système médiéval de bipartition spatiale n’a plus cours. Le déroulement dans le temps est identifié de plus en plus rigoureusement à l’enfoncement dans la profondeur perspective.


Sujet de recherche : Iconographie du Roland furieux
Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Scanner
Photographie sur papier    Commande n° 2110189 du 22/06/20    Cliché n°
Localisation de la reproduction : Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 31/05/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.