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Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
Adresse complète
à Toulouse
à Aix

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Auguste fait fermer les portes du temple de Janus - Carle Vanloo
Auguste fait fermer les portes du temple de Janus - Carle Vanloo Auteur : Van Loo, Carle (1705-1765)

Cette notice fait partie d’une série : Paris, Salon de 1765 (pièce ou n° 1 / 261)

Datation : 1765

Sujet de l’image : Sujet historique. Auguste (63 av. - 14 apr. JC)
Dispositif : Scène (espace vague/espace restreint)

Objets indexés dans l’image :
Balustrade / Les personnages font cercle autour de la scène / Porte / Statue

Nature de l’image : Peinture sur toile
Dimensions :  Hauteur 300 * Largeur 301 cm

Lieu de conservation : Amiens, Musée de Picardie

Bibliographie : Diderot, Salon de 1765, éd. E. M. Bukdahl, A. Lorenceau, G. May, Hermann, 1984, Texte p. 29
Notice n° A0107   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Auguste fait fermer les portes du Temple de Janus - Louis de Boullogne le Jeune // Marc Aurèle distribue au peuple du pain et des médicaments - Joseph Marie Vien // Auguste ferme le temple de Janus - Louis de Silvestre

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. Inachevé, terminé par Michel Van Loo. 3. Le sujet avait été peint par Sylvestre et exposé au Salon de 1757 (n°1 du Livret).

Analyse de l’image :
    Livret du Salon de 1765 :
    « Par feu M. Carle Vanloo, premier Peintre du Roi, Chevalier de son Ordre, Directeur de l’Académie Royale de Peinture & de Sculpture, Directeur de l’Ecole Royale des Elèves protégés.
    N°1. Auguste fait fermer les portes du Temple de Janus.
    Ce Tableau, de 9 pieds 8 pouces de haut sur 8 pieds 4 pouces de large, est destiné pour ma Galerie de Choisy. »
   
   Mercure de France, ctobre 1765, p. 145 :
    « Dans le nombre des restes précieux de l’Artiste que nous regrettons, le morceau le plus apparent représente Auguste, faisant fermer les portes du Temple de Janus (3). La composition de ce tableau est riche, bien ordonnée & répond à la grandeur du sujet. Nous avons entendu quelques reproches sur le nombre & le volume des objets relativement à l’espace de la scène. Cette critique est-elle fondée si, comme on ne peut le contester, il passe assez d’air entre chaque figure, pour que l’œil puisse y tourner facilement ? Dailleurs il est à considérer que pour bien représenter cette importante cérémonie, la multitude de figures étoit indispensable, que l’étendue de la toile étoit obligée, que le choix du sujet ne l’étoit pas moins, & que ce sujet est de la plus heureuse analogie au lieu pour lequel il est destiné, & au Monarque qui l’habite (4). Nous sommes (ainsi que beaucoup de connoisseurs consultés) très-éloignés de trouver du froid dans cette composition, ainsi qu’on le hasarde dans une brochure (5). Tous les personnages de cette scène ont le mouvement & l’expression qu’ils doivent avoir. L’action des Prêtres qui ferment les portes du Temple, est suffisamment animée ; celle de la foule des spectateurs, est relative au sentiment de joie & d’admiration dans lequel ils doivent être. La circonstance que le peintre avoit à mettre sous nos yeux, étoit sans doute une des plus augustes & des plus considérables dans l’Empire Romain ; mais le cérémonial extérieur ne comportoit pas plus de jeu dans les figures, & l’Artiste a même ajouté des accessoires qui l’animent & l’enrichissent. C’est cette raison qui doit faire tolérer l’espèce d’inaction qu’on reproche dans la figure d’Auguste. Nous ne voulons pas risquer d’examiner s’il étoit possible de lui donner plus d’intérêt, & de lier davantage son expression à l’action du sujet. On s’accorde unaniment sur la vérité & sur l’harmonie du coloris dans ce tableau, ainsi que sur l’exactitude du costume. En général il a fixé l’attention des spectateurs, il attiroit les regards, & l’effet en a paru très-satisfaisant. On peut avancer avec confiance que cette production posthume, d’un des meilleurs Peintres de notre âge, ne dérogera jamais à la réputation de son Auteur, ni à l’honneur de sa destination.
   
   (3) Ce tableau est de neuf pieds huit pouces de haut sur huit pieds quatre pouces de large. Feu M. Carle Vanloo y travailloit lorsque la mort est venu l’enlever à l’Ecole Françoise. Il a été fini par M. Michel Vanloo son neveu.
   (4) Ce tableau est pour la galerie de Choisy.
   (5) Cette brochure est intitulée : Lettres à M**. sur les ouvrages de Peinture, &c.
   
    L’espace restreint de la scène est délimité au devant par les marches du temple de Janus, qu’un jeune homme parsème de fleurs, à l’arrière par les premiers spectateurs de la scène : à gauche, un sénateur; derrière Auguste à gauche un jeune serviteur du temple en blanc ; sur la droite, un prêtre.
    Cette scène théâtrale ainsi délimitée est occupée par Auguste, qui tient ici le discours de la paix : la peinture peint donc le discours politique d’Auguste, qui est signifié par le double geste de ses mains, la branche d’olivier à gauche, l’index désignant la porte fermée du temple à droite.
    La statue de Janus surplombe l’espace restreint de la scène : l’une des têtes regarde Auguste, l’autre - la foule des Romains assemblés dans le fond. Janus établit donc un relais entre le premier et l’arrière plans. De même Auguste, de ces deux mains, amène en fait les sénateurs, à gauche, à consentir à la paix, à la porte fermée à droite : il établit donc lui aussi, de la gauche vers la droite cette fois, un relais.
    Deux logiques sémiologiques sont donc à l’œuvre dans ce tableau : au premier plan, la marche établit l’espace théâtral, restreint de la scène et identifie la surface de la toile à un 4e mur invisible, un écran, que l’œil franchit pour pénétrer dans la profondeur de la représentation. Cette frontière invisible est redoublée à l’arrière-plan, par l’écrab humain que forment les premiers spectateurs. De l’autre côté de ce second écran, Janus observe la scène, métaphorisant depuis le fond du tableau le regard que nous, spectateurs, portons au devant de lui.
    A ce système d’écran-coupure se superpose un autre système d’écran-continuum, instaurant des relais, faisant communiquer les espaces : Auguste fait communiquer la gauche avec la droite du tableau, fait acquiescer les sénateurs à sa politique de paix, tandis que Janus fait communiquer le devant avec le fond du tableau, fait participer la foule invisible au discours qui se tient au premier plan.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Amiens, Studio Flandre
Traitement de l’image : Scanner
Photographie sur papier    Commande n° 68741 du 25/08/20    Cliché n°
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 31/05/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 30/09/2017
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